12 novembre 2005

Retrouvailles

Voilà, un texte écris très rapidement ce matin. Dites-moi s'il vous plaît, au quel cas je participerai peut-être aux Joutes de la Pierre de Tear ^^ ...


 Retrouvailles


J’ai enfin eu le courage, le courage de prendre mon courage à deux mains, et de franchir les barrières que mon esprit m’imposaient, depuis des années, des siècles. Le secret ultime, celui de toute une nation, de tout un peuple, de toute une race, qui par sa seule existence nous permettait de continuer à vivre et à nous épanouir. Comment un être, si c’en était réellement un, pouvait être capable d’une telle prouesse, comment et par quel moyen avait-il pu créer un monde de sa main, le maître suprême, dominant tout chose. Mais à la fois secret et tabou …

 

 

Je pénètre donc dans le couloir qui mène à l’escalier de l’immeuble, qui va me conduire aux étages supérieurs, qui précédent le dernier étage de la tour, composé de trois pièces, l’une d’elle étant la clé de tout le mystère qui a conduit mes pas jusqu’ici. Bien évidemment, ça n’a pas été simple, j’ai du me battre, prendre des coups, de poings et de pistolets, me relever, marcher encore, à nouveau chuter, puis enfin arriver. Arriver là pour quoi ? Je n’en ai aucune idée, mais j’espère de tout mon être que le jeu en vaut la chandelle, car si, par malheur, j’en venais à être déçu, je crois que je n’y survivrai pas …

 

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J’en suis à ce stade de l’histoire quand je plie le parchemin et pose ma plume. J’ai la flemme de continuer ce soir, je m’y remettrai demain, j’aurai tout le temps, maintenant. Je m’étale sur ma paillasse, rêche et humide, et entreprend de trouver un sommeil réparateur …

 

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Dans la nuit obscure, un loup hurle à la lune. Mais je ne vais pas m’en inquiété maintenant, ce n’est pas un loup qui me fera peur, pas après tout ce que j’ai connu, tout ce que j’ai enduré. Je vais enfin connaître la vérité, toucher du bout des doigts l’ultime secret de toute un peuple, de toute une histoire. Mon épopée sera contée dans toutes les contrées du monde connu, passé et futur. Une aventure telle qu’aucun écrivain de l’époque n’aurait pu l’imaginer, car en plus du scénario incroyable des évènements, c’est la chute qui m’attend qui sera la plus belle, il le faut, car sans ça, non seulement mes croyances mais celle d’une race entière s’effondreraient et deviendraient poussière, en même temps que les milliers d’âmes qui la compose. Je dois réussir, je suis le plus qualifié pour, c’est indéniable…

 

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L’écriture de ces deux histoires parallèles commencent à m’échauffer l’esprit. Se dédoubler ainsi n’est pas une tâche facile à la base, mais écrire sur un livre, au même moment, deux histoires semblables en général mais totalement différente au final demande un dédoublement d’esprit que je ne suis pas sûr de parfaitement maîtriser. Je n’ai pas été formé pour ça moi, j’ai dû tout apprendre, sur le tas, sans aide extérieur, avec juste ma conscience et mon intelligence. Pourtant, ces deux histoires, je devrai les connaître parfaitement, car ce sont les miennes, c’est ma vie que je raconte, ou plutôt la fin de mes vies. Seul détenteur du secret, condamné à jamais à errer dans un monde et dans l’autre, ainsi séparé par le néant absolu, et pourtant relié comme si je ne formais qu’un. C’est une notion extrêmement complexe, que j’ai mis bien des années à comprendre. Bref, je suis fatigué maintenant, je préfère aller dormir, demain est un nouveau jour et un jour meilleur, les idées me seront plus claires. Je pose le livre sur la table, à côté le stylo, et m’allonge sur le lit moelleux et confortable.

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Je gravis les marches unes à unes, je ne pensais vraiment pas que ces escaliers pouvaient être si long. J’ai dès lors une impression de déjà vu quand je passe devant les étages qui se succèdent. J’espère sincèrement que ce n’est pas là un quelconque effet d’optique, ou même un piège ingénieux élaboré pour éloigner les gens comme moi du centre de l’édifice. Mais peu importe, je ne peux plus reculer, et je continue mon ascension vers ce qui me semble les hauteurs du bâtiment. De l’extérieur, cet immeuble me paraissait pourtant de hauteur normal, du moins pas plus grand que les autres, c’est-à-dire environ quatre cents étages, mais il s’avère que je suis déjà essoufflé, ce qui peut me permettre de penser qu’il en possède nettement plus. Ce n’est pas chose courante de nos jours que de truquer la vision, mais c’est une technique que l’on connaît, et qui peut s’effectuer sans aucune difficulté.


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Assez satisfait de mon écrit, je m’apprête à aller déjeuner. Je connais en effet une bonne auberge qui fournit les meilleures soupes de toute la région, c’est un régal à chaque fois. De plus, je connais bien l’aubergiste et mes attentions pour sa servante n’ont pas l’air de le déranger plus que ça, ce qui, et il le sait, fait de moi un client assidu. Je pose donc le parchemin et me lève de la chaise. Au-dehors l’air vif des prairies arrive jusqu’en ville, et le soleil à son zénith diffuse une lumineuse chaleur …

 

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Je m’enfonce dans le labyrinthe forestier, chaque arbre formant une ombre menaçante, capable de cacher de ma vue quelque créature néfaste. Mais je fais abstraction de ce genre de danger, amoindris par tous ceux que j’ai dû vaincre jusqu’à présent. Cela fait deux jours que je marche, et mon corps commence à crier famine. Je ne pourrai bientôt plus avancé, et la mort sera l’échappatoire que je choisirai sûrement. Pourtant, je ne peux me résoudre à abandonner si près du but, et c’est avec la force du désespoir que j’avance à l’aveuglette, perdant les repères, ne sachant plus distinguer le Nord du Sud. Un grand chêne, entièrement recouvert de lierre et de mousse, mais ne possédant aucune feuille, c’est ce que disait la prophétie et c’est ce que je recherchai depuis mon entrée dans la forêt. Cela ne devrait pas être bien compliqué à trouver, sachant qu’en cette période de l’année, tous les arbres étaient pourvus d’un beau feuillage vert. En revanche, cela devenait bien plus compliqué la nuit, car on ne distinguait plus très bien les ombres des arbres, à celle des feuillages, et au feuillage lui-même. J’avais bien évidemment pensé à m’arrêter pour attendre le la lumière du midi, mais si, comme je le pensais, deux jours s’étaient écoulés depuis mon entrée en forêt, il était inutile de penser que la lumière viendrait, car cela faisait deux journées que je marchais dans le noir. Cette pensée me désespérait, mais je faisais abstraction, encore une fois…


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La même lassitude me vient et je me dis qu’il est sûrement temps d’aller déjeuner. Le restaurant du coin propose des burgers à prix réduit, et la caissière a de bien jolis yeux. Je monterai donc dans le premier aéro-porteur qui daignerait s’arrêter, puis je descendrai au douzième étage de la Rue de la Victoire. Cette perspective me remet du baume au cœur et je dépose mon livre devant le hublot de ma pièce. L’air pollué du dehors me saisit à la gorge et je doit porter mon écharpe à mon cou pour amoindrir le goût d’essence dans ma bouche. Nous vivons vraiment une drôle d’époque … je me demande si je ne préfère pas celle de l’autre monde …

 

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Si mon regard ne me trompe pas, j’en arrive bientôt au sommet de l’immeuble, je crois d’ici distinguer le plafond. L’adrénaline commence à m’envahir le corps et l’esprit, une adrénaline composée de peur et d’espérance, d’espoir et de crainte, peur de ce qui m’attend, espoir de ce que je vais découvrir. Mais peu importe, j’avance, encore et toujours, cependant mon interminable ascension commence à me donner des vertiges. Devrais-je m’arrêter quelques minutes pour reprendre mon souffle, pour respirer et calmer tout mon être en ébullition ? Non. Je continue. La fin est proche, je le sens, et si ce que je pense s’avère réel, alors je suis perdu. Car durant la montée, j’ai eu le temps de réfléchir, et de réfléchir comme jamais je n’avais réfléchi auparavant. Nous sommes dans un monde extrêmement évolué, constitué d’aéro-porteurs, de navettes spatiales, de confédérations de cités, et, à ma connaissance, nous avons toujours vécu dans un tel monde. Or, si les écrits que nous avons retrouvé lors de la Fouille des mers ne sont pas erronés, certaines personnes auraient connus un autre monde, fait de magie et de troll, de monstres, de sorcières. C’est bien évidemment une vision ridicule, mais pourtant, j’y ai cru … et si c’était vrai ? Hein ? S’il avait vraiment existé un monde différent du nôtre, plus rustique et médiéval, plus vieux et moins développés. Alors une hypothèse s’est formée dans mon esprit, et la possibilité de l’existence de deux mondes différents s’est offerte à moi. Ce grand secret que tout le monde nous cache, qui donne lieu à des croyances si diverses qu’on ne peut les répertorier toutes, qui permet à notre race de vivre, car elle nous fixe un but, celui de travailler, manger, dormir, œuvrer pour Quelqu’un ou Quelque chose qui nous a crée et qui veille sur nous, imaginons que tout ça ne soit que foutaises, et qu’on nous ait fait croire à cette entité juste pour nous détourner de la vérité. Mais alors quel être assez puissant serait capable d’une telle prouesse … c’est je que j’espère découvrir, ce que j’espère comprendre. Voilà. La dernière marche. Je pose le pied sur le palier et je vois …


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Hé hé, je ris à la pensée d’arrêter mon histoire là, à la pensée de la tête des lecteurs qui ne sauront jamais le dénouement. En même temps, ils prendront sûrement ça pour un conte classique, comment pourrais-je les convaincre qu’il existe un autre monde bien plus développé que le nôtre, dans lequel vit un autre moi. Je suis la seule personne au monde qui s’est dédoublée, si je peux me permettre l’emploi de ce terme. En franchissant cette porte, j’ai peut-être bouleversé ces plans, à l’Autre là, le Grand, celui qui a organisé tout ça. Enfin, je n’ai pas dû vraiment l’embêter, en tout cas je n’en ai pas vraiment vu les conséquences. Je suis sûr qu’il m’observe, de je ne sais où, je sais qu’il me voit et qu’il doit bien rigoler, à me voir ainsi fier de mon œuvre. Moi, petit humain, qui a découvert le Secret mais qui ne pourra jamais le divulgué car ne pourra jamais le prouver. Si je scande partout qu’il existe un autre monde où les aéro-porteurs volant aux différents étages des rues d’une immense cité, transportent des personnes plus grandes et plus fortes que nous et qui vivent cinq fois plus longtemps, seul les fous et les désespérés me suivront, or on sait qu’une armée de fou n’est jamais allé bien loin …


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Je suis exténué, je n’en peux plus et je crache mes poumons à chaque toussotement convulsif. Il faut que j’en termine vite, et il faut que rien ne m’arrive avant. Je ne vais pas mourir maintenant, non, ma tâche est trop importante, ma mort signifierait l’écroulement de mon peuple. Je me redresse vaillamment et garde la tête haute, scrutant toujours les ténèbres à la recherche de l’arbre maudit, qui marquera ma délivrance ou ma mort. Si seulement je découvre ce que je pense découvrir … mais non, pas d’espérances infondées j’ai trop souvent été déçus. Je trébuche contre une racine, et atterrit la tête contre la terre, j’en avale, mais cela ne calme pas ma faim. Je pleure et un instant, je pense tout abandonné. Les yeux en larmes, la tête noire de poussière, je l’aperçois alors. Produit de mon imagination ou réel absence de feuillage, il est là à me tendre les bras, le lierre, la mousse, font de son tronc un tronc plus sombre que les autres, mais le plus important, est la vision de la lune qui traverse ses branches. La lumière passe à travers son feuillage, qui n’en est pas un. Je me relève alors, m’aidant des mes mains et m’armant de la volonté la plus profonde de mon être, et marche en direction de l’arbre, le fixant des yeux comme pour l’obliger à être ce que je pense qu’il est … c’est lui … dans son tronc, incrusté dans son épaisse masse de bois, il y a …


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L’envie de rire me prend mais je me sens pathétique, car je sais que je viens d’avoir la même réaction que dans l’autre monde. C’est une désagréable impression, comme si on redisait deux fois la même chose à une fraction de seconde d’écart. Alors je ravale mon rire, et l’envie de continuer l’histoire maintenant me passe. J’allume le visio, il n’y a rien, comme d’habitude, que des émissions romantiques et des jeux télévisés débiles. Ah non, originalité, il y de la pub sur cinquante autres chaînes. Cela me déprime légèrement et je rêve d’un bon feu, là-bas, avant. Si l’on fumait la pipe ici, cela serait la pire des bassesses, maintenant, le tabac, c’est par intraveineuse qu’on l’ingurgite. Alors je me plante une petite seringue et me laisse aller au faux bonheur que procure cette situation…


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…Une porte en vieux chênes !! Incroyable, elles ont disparus depuis des siècles. Les forêts sont maintenant toutes protégées et le bois n’est plus exploité, mais devant moi s’impose bel et bien, dans ses gonds de fer lourd, une grande porte massive, courbée, en bois de chêne. Contrairement à ce que je pensais, il n’y en a pas trois mais une seule, tant mieux, le choix sera moins difficile puisqu’il n’aura pas lieu. Je m’approche de la porte et lève la main pour saisir la pognée … bizarre … ma main tremble. Je suis pris d’une envie de rire incontrôlable, et le sourire gagne peu à peu mes lèvres puis c’est par ma bouche grande ouverte et sans retenu que se déverse un flot assourdissant de rire gras et joyeux. Je ris, je ris à me déboîter la mâchoire, et toute ma tension s’évapore en même temps que mes problèmes. Puis enfin, je me rends compte de mon ridicule et le rire cesse, brusquement. Ridicule, ridicule de rire dans une telle situation, pourtant je n’ai rien fait pour l’arrêter et cela m’a fait beaucoup de bien. Bon, il faut l’ouvrir maintenant, cette maudite porte, je tremble, je sue à grosse goutte, il y a quoi derrière, hein , tu peux me le dire toi, franchement, j’ai peur moi, tout ça, pour quoi ? Dans un excès intense de colère j’abaisse violemment la poignée et tire la porte vers moi, qui s’ouvre sans résistance, bien huilée comme on dit …


***

 

C’est incroyable mais pourtant vrai, je sue, je transpire, et ma main tremble. Le fait de repenser et de retranscrire ce que j’ai ressenti là-bas, rien que ça, me fait de nouveau trembler. Je pose la plume et m’étire sur ma chaise, inspirant profondément pour calmer cette crise. Les dernières lignes de mon texte ne sont pas droites et l’écriture en est tremblotante, non, il faut vraiment que je me calme.


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… Une porte, mais pas une porte normale, non, une porte faite d’une matière inconnue. Elle est incrustée dans le tronc, mangée par le bois à quelques endroits, et elle est d’apparence froide et fine, de couleur grise. Cette première constatation m’inquiète, je ne m’attendais pas à trouver une telle chose. Mes muscles endoloris se tendent alors une dernière fois pour soulever et avancer mon bras vers ce qui semble être la poignée. Je suis pris de convulsion et l’effort trop intense demandé par ce geste me fait tourner la tête … c’est ridicule, moi, l’homme le plus résistant de la planète, abattu par un levé de bras. Cette situation des plus comique provoque en moi un remous qui, en plus de me désespéré, provoque une envie cruelle de rire. Mes traits s’étirent, mes yeux se plissent, et le rire me monte à la gorge quand je m’arrête soudain, effrayé, apeuré et choqué. Une vision s’est imposée à moi, l’instant d’une seconde, cette situation m’est déjà arrivée. Je le sais pertinemment, j’ai déjà connu cette même position, cette envie de rire de désespoir, cette sensation de ridicule et de faiblesse … j’ai peur, et c’est cette peur qui me fait me jeter sur la poignée froide et rigide de la porte. Je l’ouvre…


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Hum, je ne sais pas vraiment comment retranscrire cette situation. L’excitation est montée en moi à mesure que j’écrivais, elle m’a prise à la gorge et ne me lâche plus, mais peu importe, je continue, il faut que j’écrive la fin, après j’en aurai fini de cette maudite histoire. Je pense à faire une annexe à la fin du livre pour expliquer au lecteur toutes les subtilités de l’affaire, comment j’ai réussi à comprendre ce qui m’arrivait … bon plus tard, maintenant, je me lance.


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…Un homme petit et barbu, paraissant exténué et meurtri, j’ai pitié pour lui et je m’y reflète comme dans un miroir.

 



… Par mes yeux vitreux, un homme grand et fort m’apparaît derrière la porte. Il m’impressionne et m’attire, je m’y reconnais et vois mon visage dans le sien.

 



…J’ai peur, c’est donc ça le maître suprême, le sur-homme, le Grand Secret que j’attendais ? La déception m’envahit, mais je ne peux prononcer une parole.

 

 


… Mais qui est-il donc, il m’intimide maintenant, je suis paralysé de la tête aux pieds, les yeux dans les yeux, les siens dans les miens, ou l’inverse, je ne sais plus, je veux parler, mais c’est par sa bouche que je m’exprime.

 


… « qui … qui es-tu ? » Non ce n’est pas moi qui ai parlé, c’est lui, je ne voulais pas dire ça, je voulais dire …

 


… « comment, qu’est ce qui … ?» Mais qu’est ce qui me prend, cette étranger me maîtrise, mais qui est l’étranger, moi ou lui, je me vois par ses yeux, pauvre homme hagard et pitoyable, et lui grand et beau, mais c’est moi, je suis grand et beau…

 


… Pourquoi ais-je l’impression de me fondre, je me vois, je me trouve beau, mais extrêmement laid et fatigué, j’ai de la terre sur le visage et un goût de poussière dans la bouche.

 

… Je ferme la porte.

 

… Je ferme la porte.

 

… Le soleil brille à travers les denses feuillages de la forêt, la forêt … je me trouve dans une forêt ??

 

… La rue fourmille de monde, les gens ont l’air pressé et se désintéresse de moi, je me retourne mais, où est passé la forêt ??

 

… L’immeuble a disparu, et sous mes pieds la terre a remplacé le béton …


… J’ai compris …


… moi aussi …


…Nous avons compris…


… les deux mondes se sont réunis …


… Le Passé et le Futur se sont retrouvés …


… Retrouvailles d’un temps passé, et d’un temps futur…


… Nous avons réussi notre quête, nous avons trouvé le secret, celui qui ne sera jamais révélé…


… C’est enfin fini, le soulagement s’empare de moi … de nous … nous sommes un, il est moi et je suis lui …

… séparé par le néant absolu, et pourtant relié comme si nous ne formions qu’un …

… j’accepte cette situation, mon peuple vivra, et continuera de s’épanouir, tanpis pour le secret …

… je resterai le seul détenteur du mystère …

… Deux mondes qui ne sont qu’un, deux être qui ne sont qu’un …

… Retrouvailles …

… étranges retrouvailles …


FIN

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Je ferme le livre et le pose sur la table, cette fois, il est terminé. J’ai rempli mon devoir, je révèlerai le secret qui ne sera jamais cru. Comme c’est triste mais en même temps évident. Mais ce qui me rassure est que la croyance à tout de même lieu d’être, j’en suis persuadé. La solution m’est apparu la nuit suivant le « transfert ». L’homme moderne et évoluée que je suis est passé dans le monde de l’homme vieux et dépassé que je suis, et inversement. Dans un rêve agité j’ai vu un visage se dessiner, un visage aux traits confus et indistincts, mais un visage d’une pureté surnaturelle. Il m’a sourit et m’a pris dans ces bras, me félicitant et me répétant sans cesse « Bravo, tu as trouvé, bravo … » Je perçois maintenant que son ton était affreusement ironique, il se moquait de moi, en m’expliquant tout. C’était lui, le maître créateur, l’entité suprême, lui qui a décidé qu’il fallait effacer le passé et le laisser vivre ailleurs, pour ne pas qu’il salisse le futur. Le sal passé, celui des charrettes et des tavernes remplies de bière, celui des héros à l’épée et des monstres aux grandes dents. Personne ne devait plus connaître ce passé là car le futur lui plaisait, à lui, le sur-Homme, avec ces immeubles de quatre-cents étages, ces véhicules allant plus vite que la lumière. Alors du haut de son immense suprématie, il a séparé ces deux mondes, les laissant vivre chacun de leur côté, mais pourtant séparés…La colère m’a pris au réveil, contre cet être dont le culot était à hauteur de l’humanité, comment avait-il pu se permettre une telle chose. Il s’était fait Dieu et les deux mondes l’idolâtraient. Une ordure oui ! Mais comme je ne peux rien y faire, malgré que je sache le Secret je l’accepte, et j’écris ce livre, qui révèle tout, mais qui ne veut rien dire. Je me demande tout de même si je dois la rajouter cette annexe … Laisser le lecteur libre d’imaginer, ou tout lui expliquer … je ne sais pas … je n’en sais rien … je ne sais plus … je m’en fiche … Qu’ils aillent tous au diable …


Version Word:::
Retrouvailles.doc


 

 

 

 

Posté par Kobiwan à 12:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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