29 décembre 2005

Les cerises

A l'occasion de ma future participation à un concours, j'ai écris ça. Pour ce qui est du thème, il fallait commencer la nouvelle par "Il n'avait jamais dit à personne ce qu'il avait vu ce soir-là, devant le moulin…
". Et bon en même temps je m'essaye  à un nouveau style ...


Les cerises


Il n'avait jamais dit à personne ce qu'il avait vu ce soir-là, devant le moulin…
Il n’avait jamais parlé à personne de l’insouciance dont il avait fait preuve alors…
Il n’avait jamais même pensé évoquer sa balade dans le bois des cèdres, qui l’avait conduit jusqu’à la scène diabolique.
S’il avait su bien avant que l’homme était recherché par la police municipale, s’il avait su que ce que cet homme là était réellement en train de faire, c’est sans une hésitation qu’il aurait prévenu les autorités. Mais non.

« Je peux avoir du café maintenant? »
Sur un signe de tête du commissaire, un policier en tenue bleue apporta un gobelet brûlant dans lequel pataugeait un café trop clair. Mais la soif qui tenaillait le ventre du  vieux Léon ne demandait pas mieux.

Il avait raconté l’histoire au moins une dizaine de fois depuis la découverte du corps. Chacun voulant la réentendre. Puis quand ils l’avaient amené au commissariat, il avait du recommencer depuis le début. Alors pour sûr, il avait soif.

Il avala la boisson en une grimace de dégoût, puis reposa le verre en plastique sur la table. Le commissaire était toujours assis en face de lui, les deux pieds sur le bureau, le scrutant d’un œil qui se voulait intelligent. Pourtant, il gardait son air parfaitement ridicule d’inspecteur incompétent. Jamais ils ne retrouveraient l‘assassin, jamais des hommes aussi incapables réussiraient cet exploit, face à un homme expérimenté et aguerri comme l‘était sûrement le coupable.
«- Mais enfin, reprit le commissaire de sa voix grave, comment n’avait-vous pas pu vous douter que derrière cette scène se déroulait une chose horrible?
-Enfin, je ne fais que vous le répéter! Pour moi, cette scène paraissait sortir de la vie ordinaire. Ce n’est quand même hors du commun de voir une fillet… »
Léon se tut. Quelque chose l’avait stoppé net dans son discours. Le regard du commissaire s’était allumé, ses yeux s’étaient agrandis, une porte avait claqué, et le silence s’était imposé de lui-même dans le poste de police.
Léon vit le commissaire se relever brusquement de son fauteuil et se mettre dans une position proche du garde-à-vous. Ce n’est que quand la porte du bureau se referma que Léon comprit la raison de ce silence.
Un homme venait de faire irruption dans la pièce. Grand, brun, jeune, le vieux témoin avait tout de suite reconnu sa tête pour l’avoir déjà vu dans les journaux. Le divisionnaire en chef avait fait son entrée. Mais avec lui, une poignée de policiers étaient arrivés et tenaient un homme menotté, la tête basse,  une tête qui fit revenir dans la mémoire de Léon des souvenirs effroyables.
La stupeur le fit suffoquer, et la peur prit le relais après un intense moment de panique. C’est lui qu’il avait vu près du moulin, lui qu’il avait pris pour un père bienfaiteur, lui qui était l’objet de sa si grande culpabilité.

« Nous l’avons retrouvé, commissaire Belard, vous pouvez dès à présent stopper vos recherches. Nous l’avons capturé alors qu’il essayait de s’enfuir de France dans une voiture volée…pas très malin n’est-ce pas?
-C…ça pour sûr que c’était pas malin, monsieur le divisionnaire. »
Ils avaient capturés l’assassin, c’était terminé.

Les évènements se succédèrent vite après, et Léon n’entendit bientôt plus parler de cette histoire. Le commissaire toujours sous état de choc l’avait remercié de sa coopération, puis il était rentré chez lui, le moral à zéro.
C’est en lisant un journal, un matin, qu’il avait vu le petit encadré. Il indiquait que l’assassin du bois des cèdres devait purger une peine de vingt ans de prions ferme pour avoir tué trois jeunes filles …  cela ne lui avait fait ni chaud ni froid, il ne voulait qu’oublier….
Oublier … oublier et reprendre son train de vie, cela n‘avait pas été chose facile. Pour cela, sa petite femme l’avait bien aidé. Elle avait tout fait pour qu’il se remette vite, l’avait soutenu. Malgré tout, le souvenir de ces jours affreux torturait toujours l’esprit de Léon. Il n’arrivait pas à accepter les propositions de sa femme d’aller voir un psychologue. Il pensait sincèrement qu’il ne lui servirait jamais à rien.

Pourtant, tous ces maux devaient bien refaire surface un jour ou l’autre, ils avaient besoin d’être extériorisés, et ils choisirent une nuit ventée pour  apparaître au grand jour.
Ils étaient tout les deux au lit, sa femme et lui, une nuit claire mais bruyante. On entendait le vent s’engouffrer dans les tuiles, faire grincer les portails et gémir les chiens du voisinage…

« -Monique … tu dors?
-N … non … non mon Léon qu’est-ce qu’il t’arrive?
-… Il y a que j’aurai quand même pu deviner … »
Monique avait tout de suite, par sa voix tremblotante, compris qu’il avait enfin décidé de parler. Elle l’écouta patiemment, sans l’interrompre, attendris et fière de lui.
« -Il faisait un beau soleil d’été ce jour là. J’étais heureux de me promener dans la forêt des cèdres…et c’est quand je suis arrivé à proximité du moulin que je les ai aperçus. Il y avait le père, et la fille, pour moi c’était clair, jamais je n’aurai pensé voir un assassin et sa victime. Elle était petite, mignonne comme un cœur … lui avait une allure normale, de père normal … tout était normal. Elle état allongée là, dans l’herbe verte près du moulin. »
Il eut alors quelques sanglots et plongea sa tête tout contre le corps de sa femme qui fût touchée de le voir ainsi.
« Lui … je ne me souviens même plus ce qu’il faisait. Elle dormait paisiblement, cette petite, illuminée de soleil …. Si j’avais su, si seulement je m’étais douté qu’on recherchait au moment même un assassin dans la région… mais non. Tu sais qu’il m’a parlé? Oui, il m’a parlé gentiment, sur le ton de la conversation. Il m’a dit que c’était une belle journée, je lui ai répondu tout sourire que « ça oui, il fallait en profiter », et j’avais continué mon chemin, heureux de cet échange… AH! mais enfin comment n’ais-je pas pu le remarquer, comment n’ais-je pas pu les voir … j’ai pris ça pour des cerises … quel idiot! Des cerises! Rouges comme cela, des cerises! C’est impensable! »
Il partit alors d’un long et profond sanglot, la tête maintenant sur les genoux de sa femme. Elle pleurait aussi, Monique, elle pleurait de l’innocence de son homme devant un spectacle si affreux. Il reprit en pleurant:
« - Nom de Dieu! Elle avait le cou tranché Monique !! Le cou tranché !! Et moi j‘ai pris ça pour des cerises!! … »
Ce fut en un long cri de douleur qu’il dit ces derniers mots. C’était fini, enfin le mal était sorti, le mystère dévoilé … mais jamais la culpabilité de Léon ne perdra de son ardeur … jamais … injustice envers un innocent … prison pour un coupable … mort …


Version works:::

Les_cerises.wps



Posté par Kobiwan à 01:36 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Les cerises

    bon bon

    Alors ce texte.
    Bon l'histoire est sympa et bien menée surtout. On sait pas trop ou tu veux en venir. On se demande vraiment ce qui s'est passé dans ce parc. Par contre je trouve dommage que le suspense ne dure pas plus longtemps, mais ça c'est du à la longueur du texte. A la limite je sais pas s'il y avait besoin d'autant détailler sa vision, peut être qu'en restant plus vague ça aurait préservé le mystère et ça aurait fait un effet sympa, ensuite moi je dit ça je dis rien ^^.

    Sinon Y a presque plus de fautes donc ça c'est bien

    Vala

    Posté par Karion, 29 décembre 2005 à 14:00 | | Répondre
  • Court mais bien

    Quelques fautes que j'ai relevé :

    - cette scène se dérouler => se déroulAIT
    - Ce n’est [PAS]quand même hors
    - et tenaient un homme menotté, la tête basse, que Léon connaissait aussi mais pour l’avoir vu.
    => y a un soucis à la fin là.
    - le fit suffoqué => boudiou :p
    - La stupeur le fit suffoqué, et la peur prit le relais après un intense moment de stupéfaction.
    => un peu trop de stupefaction à mon gout :p
    - Nous l’avons capturés (y en a qu'un)
    - devait purgé
    - tout ces maux => tous
    - et ils choisirent une nuit ventée apparaître au grand jour.
    - voisinnage (qu'un n)
    - Elle était petit
    -n’ais-je pas [PU] le remarquer



    Remarques :

    Pousse ton creshendo un peu plus... fais en sortes que ça monte plus régulièrement....
    tu vois ce que je veux dire ? Au début c'est un peu plus mou, ok, mais monte rapidement et régulièrement,
    même si y a des poussées plus grandes.
    La fin est très bien. Peut être pourrais tu pousser un peu plus la tristesse de la situation ?
    j'ai pas eu le temps de pleurer
    Le titre ? c'est sa fille au type ou pas ? Dans les journeaux ça dit trois filles mais SES filles ?
    c'est pas clair c't'affaire !

    En général :

    Malgrès le fait que j'aime moins notre univers, que je préfère celui de l'imaginaire et de la fantasy,
    tu manies les mots et les émotions toujours à merveille. Je te reprocherai peut être la ... comment on dit ?
    le contraire de longueur ? Courteté ? oui c'est un peu court. Mais ton histoire ne demande pas plus c'est ça le truc.
    Mais je pense qu'une prolongation... je sais pas, je pense que tu devrais tester. Par exemple, un épisode de sa vie de
    tous les jours, pour mieux faire le contraste, ou mieux le situer lui, pis sa femme, histoire qu'on s'y retrouve, tu vois,
    tu peux mettre plus de détailes sur leurs vies, où ils habitent, s'ils ont des enfants, et là tu mettrais en rapports les
    enfants avec ceux tués, bon j'sais pas, à toi de voir. T'es bien sur pas obligé, mais je pense que tu pourrais essayer,
    au pire, tu supprimes !

    Sinon, tu es quand même un chef hein. Mais c'est vrai que ça m'a moins plu que d'autres trucs que tu as fait.

    Posté par Nayla, 29 décembre 2005 à 14:05 | | Répondre
  • [ Brouillon d'écriture ]

    Pas mal ! C'est bien mené, tu gardes le suspense jusqu'à la fin. J'ai pas adoré mais t'en peux rien je pense car j'aime pas les nouvelles policières, de meurtre...

    Passons à ce qui ne va pas ...
    J'ai appris grâce à toi qu'un café pouvait patauger ^_^
    J'ai vu une grosse faute d'orthographe (accord de verbe) mais je ne la retrouve plus donc dsl faudra la chercher
    A mon avis tu devrais retravailler les toutes dernières phrases, tu as voulu trouver une chute originale mais elle ne cadre pas du tout avec le reste de l'histoire. Te sens pas forcément obligé de trouver une phrase choc pr la fin.

    Bonne chance pour le concours ! Je l'avais vu celui-là mais je savais vraiment pas quoi dire après la phrase, alors bravo !

    Berlinoizzz

    Posté par ichbineinberline, 29 décembre 2005 à 23:54 | | Répondre
  • voilà, jte commente *lol*

    Bon alors mon point de vue général :
    Le fond de l'histoire est très bien, c'est bien trouvé... J'aime beaucoup le paragraphe :
    "« - Nom de Dieu! Elle avait le cou tranché Monique !! Le cou tranché !! Et moi j‘ai pris ça pour des cerises!! … »
    Ce fut en un long cri de douleur qu’il dit ces derniers mots."
    Surtout, garde ce titre, il est génial ... lol Très bien trouvé, et assez cinique sur les bords... (sais plus comment on écrit "cinique" shame on me...)

    Sinon, le problème principal, je pense, c'est la construction de certaines phrases, leur syntaxe quoi, les répétitions, etc...
    Mais il y a une bonne trame, donc garde cette histoire c'est bien...
    En gros, c'est la grammaire qui te fait défaut... Y a un moment, où on se perd un peu, c'est un peu trop "brouillé" et du coup tu perds l'attention du lecteur je trouve... C'est environ au milieu...'fin nan j'ai trouvé : c'est au début du récit qu'il fait à sa femme, jpense qu'il faut que tu sois un poil plus clair dans tes idées...Je sais pas vraiment comment l'expliquer, m'enfin à la limite spa très grave...

    Bon passons au fautes principales que j'ai relevées (j'ai pas lu celles qu'a relevé Nayla, comme ça on verra celles qu'on aura relevées ttes les deux :-p celles-là tu devras les corriger en premier lol):

    -"Il n’avait jamais même pensé évoquer sa balade dans le bois des cèdres, qui l’avait conduit jusqu’à la scène diabolique." Jpense que "diabolique" n'est pas vraiment le mot approprié, c'est un peu décalé je trouve... Faudrait trouver un synonyme...euuuh, j'en ai pas qui me vient là...Mais essaie de trouver autre chose, fin jdis ça, jdis rien, c'est comme tu le sens...

    -"Grand, brun, jeune, le vieux témoin avait tout de suite reconnu sa tête pour l’avoir déjà vu dans les journaux."
    Là c'est "le vieux témoin" qui me gêne... Je sais, je cherche vraiment la ptite bête, mais jtrouve que le lecteur ne voit pas tout de suite que tu parle du vieux léon... J'pense que le "vieux" est en trop, car c'est un peu répétitif : tu l'as déjà cité assez de fois pour qu'on se soit créé le portrait physiologique etc de ton personnage...Donc, pour moi, je préfère, soit "le témoin" tout seul (mais ça me gêne toujours un peu), soit tout simplement "Léon"...

    -Ah oui, en fait en me relisant, et en relisant ta phrase (celle que je vient de citer), je comprend mieux pourquoi le "vieux" est en trop... Donc y a une autre possibilité : c'est un ptit effet de style, je sais pas si c'est vraiment littéralement parlant, correct, mais tu peux couper ta phrase comme ça -->
    "Grand, brun, jeune.(..) Le vieux témoin avait tout de suite reconnu sa tête pour l’avoir déjà vu dans les journaux."
    Mais, je le répète, ce n'est que mon avis...

    -Bon là je saute, pasque j'ai pas le temps de passer ttes tes phrases au filtre...lol ça frait grosse relou en plus... Mais bon y a une faute que tu peux pas te permettre de laisser *XD lol* :
    "Elle l’écouta patiemment, sans l’interrompre, attendris et fière de lui."
    attendriE et pas "s" à la fin...

    -"elle pleurait de l’innocence de son homme devant un spectacle si affreux." --> enlève le "de" avant "l'innocence", c'est en trop... ça se dit pas ('fin je crois, rassurez-moi...lol)

    -"C’était fini, enfin le mal était sorti" pis là, enlève le "enfin", c'est trop lourd pis si tu veux le garder quand même, il est pas au bon endroit--> c'est mieux juste avant la virgule, juste après "fini"...

    voilà c'est tout c'que jvais dire pour l'instant, j'ai pas tout revu et retenu, pis là tu vas avoir l'impression que jfais que des critiques négatives....

    Donc voilou, j'ajoute juste que c'est très bien dans l'ensemble j'aime beaucoup ton idée ^^

    Posté par lina, 01 janvier 2006 à 16:24 | | Répondre
  • [ Forum Lanfeust ]

    Je commence avec les cerises de COB :

    Quelques petites remarques de forme :

    --> Pour le gobelet brûlant dans leqeul patauge le liquide : ça m'a choqué, surtout s'il est en plastique, c'est la chaleur du liquide qui réchauffe le récipient, pas l'inverse.
    Mais tu peux garder ta tournure si tu utilises une tasse, c'est plus épais et ça passe mieux.

    --> La soif ne tenaille pas le ventre en général, c'est la faim. La soif, c'est plus la gorge (assèchement...)

    --> Il avala la boisson "avec" une grimace et pas "en" une grimace

    --> Sa femme est "fière" que son maris se mette à parler de ces évènements ? Je ne trouve pas le terme approprié, j'aurais plutôt pensé qu'elle puisse redouter ce qu'il allait dire. (plutôt de la crainte)



    Remarques de fond :

    --> Ton histoire est clairement centrée sur le sentiment de culpabilité du témoin, on le voit clairement à la fin. Pourtant dans le début de ton histoire, cet aspect n'est pas plus développé que ça, je me suis même demandé au début où tu voulais en venir. On a l'impression que ton histoire hésite entre deux persos principaux : le commissaire et le témoin. Finalement tu élimines rapidement le commissaire avec cette arrivée impromptue du divisionnaire et du vrai coupable, et ton histoire décide alors de se centrer sur le témoin.
    J'ai eu l'impression que lorsque tu as commencé à écrire ton histoire tu as hésité, et finalement tu t'es laissé guider par les évènements que tu inventais au fur et à mesure (mais j'attends d'avoir ton avis sur la question, je peux tout à fait me tromper Wink)

    --> Autre chose par rapport à l'enchaînement de l'action : le coupable ne devrait pas entrer dans la même pièce que le témoin, ça m'étonnerait que cela se fasse dans la réalité. Le divisionnaire devrait entrer seul, et par ex annoncer l nouvelle de la capture du coupable.

    --> Et par rapport aux cerises : le témoin a pris une gorge tranchée pour des cerises ? J'ai un peu de mal à y croire. Je pensais même au début que la fille avait été poignardée (tâches rouges et rondes sur la robe)


    Ne t'inquiète pas, malgré mes critiques, je pense que ton texte était très bien, tu manies très bien les sentiments des personnages, et si tu introduisais plus tôt la culpabilité dans ton récit, il gagnerait en stabilité et en profondeur... enfin ça reste mon avis personnel Very Happy

    Posté par J., 05 janvier 2006 à 22:58 | | Répondre
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