09 novembre 2005

Un dernier présent - Première partie

Encore un début de nouvelle pas terminé, mais bon, dites-moi si ça vaut la peine que je continue ;)


Un dernier présent




    Il se trouvait là, sur le paillasson « Welcome » de l’entrée de son appartement. Pas plus gros qu’une boîte de conserve, il était abondamment harnaché de ficelle et de bande adhésive, le tout enveloppé dans du papier beige. Un jeune homme, tout las qu’il était, hésita d’abord à l’observer ce soir. Il était tard et les évènements de la journée l’avait vidé de son énergie. Pourtant, lorsque ce dernier vit, en haut à gauche du colis, barrée au feutre noir, l’adresse du l’expéditeur, son cœur bondit :

Mont Arcal
Droit chemin
ILE PERDUE


 

Rien que ces trois phrase avait fait remonter en lui une passion si forte et si puissante que sa tête lui en avait tourné. Tout le monde savait dans son entourage qu’on ne pouvait pas trouver dans tous Los Angeles homme plus fanatique de contes merveilleux que Joe Ornwel, plus émerveillé de mondes féeriques que ce jeune américain de 25 années, plus féru d’aventures d’autres mondes que ce pauvre fils de famille décimée par la folie… Son père venait en effet de mourir deux jours auparavant, et la cérémonie s’était tenue toute cette après-midi. C’était un vieillard un peu fou, mais dernier représentant de la famille de Joe. Ce dernier avait placé en lui toute l’affection qui n’avait pu s’exprimer durant son enfance, car il n’avait pas connu sa mère, et ses deux frères étaient morts-nés. Il pouvait paraître normal que le père soit frappé de folie après de tels évènements, mais Joe était, au fond de lui, intimement persuadé que ce dernier n’était pas si atteint qu’il le semblait. Il avait juste trouvé cette échappatoire comme un moyen ingénieux de ne pas être rongé par les remords et le chagrin. Puisqu’il était fou, personne ne pouvait rien lui reprocher, et lui-même n’avait pas à se languir sur son sort. C’était donc lors de la période la plus dure de la vie de Joe que ce paquet arriva.

Après avoir réfléchi à deux fois avant de se décider à l’ouvrir, la curiosité l’emporta sur la prudence, et il déchira presque violemment le papier. L’adresse de l’expéditeur l’avait rendu ivre de curiosité et il bouillait intérieurement de découvrir la nature du colis. C’était la même chose à chaque fois, il ne pouvait se maîtriser dès qu’on lui parlait de mystère et de cartes au trésor perdues, il perdait toute sagesse, il était comme un enfant, qui croit encore au Père Noël, la veille du 25 Décembre.

 Il ne savait pas s’il devait regretter ou non son geste, le contenu qui s’était offert à ses yeux après la violente ouverture l’avait énormément bouleversé, au point qu’il ne souhaitait à personne pareil sentiment. Depuis, l’envie le torturait d’approfondir l’étude minutieuse du contenu, mais sa sagesse lui criait de ne pas être naïf à ce point, de jeter tout ça à la poubelle pour ne pas paraître ridicule lorsque les brigands qui lui ont joué ce mauvais tour sortiront de leur cachette en riant à pleines dents. Pourtant, il ne pouvait lutter indéfiniment contre l’envie qui lui tordait les boyaux. Il décida, à défaut d’obéir à sa conscience, de relire le bout de papier :

Joe Ornwel, fils du fier Loren Ornwell, je vous convie, vous et votre rêve d’enfant

A me rejoindre sur l’ILE PERDUE dans la semaine qui suit cette semaine-ci

Au-delà de cette date, la porte de mon île vous sera à jamais close

Et vous n’aurez plus jamais l’occasion de découvrir mon trésor

Je ne vous donnerai qu’un seul conseil pour votre décision

Ecoutez, au fond de vous, ce que vous dit votre cœur,

 Il ne vous trompera pas, jamais il ne vous mentira

Vous trouverez le moyen d’accès sur le chemin

A très bientôt donc … et bonne chance

Qui lui avait écrit, il n’avait aucun moyen de le savoir, tout ce qu’il était capable de faire, était de tourner et retourner dans son esprit les mots, rêve, Ile perdue, trésor, chemin … Eux mêmes qui étaient responsables de son grand désarroi.

Sa décision fut prise assez vite, finalement, bien plus que ce à quoi il s’attendait. Bien qu’il ne doutait pas un seul instant du chemin qu’elle prendrait, il savait que le choix aurait pu durer des heures, surtout pour des questions d’équilibre mental personnel ( se croire fou n’est en effet jamais une bonne chose) . En effet, il y avait de quoi douter. On se trouvait au début du XXIème siècle, dans la grande ville américaine de Los Angeles, et un paquet inconnu lui indiquait l’existence d’une « Ile perdu »… il y avait de quoi rire, mais pas de quoi se laisser convaincre. Pourtant, Joe n’en fit rien, et mit la clé sous la porte à 11 Heures du soir, à peine 2 heures après être rentré de la cérémonie funéraire. Bien que ne sachant pas vers où se diriger, il décida, une bonne fois pour toute, de faire entièrement confiance à son instinct. Il avait vu beaucoup de grands explorateurs et de héros d’une autre époque remettre leur jugement entre les mains de leur instinct, et cela marchait, alors pourquoi ne pas essayer.

Il descendit d’abord le Story Boulevard, puis pris en direction du port. Une île devait obligatoirement se trouver sur l’eau, du moins c’est ce qu’il pensait. En marchant, il prit dans sa poche l’objet qui avait été mis dans le colis. Bien qu’il n’avait pas trouvé de signification à sa présence à première vue, il ne doutait pas qu’il lui servirait le moment venu. Un étrange objet de terre cuite, de forme ovale, avec un bulbe de diamant vert au centre, étincelant comme une étoile dans une cage de verre. Son imagination s’était tout de suite enflammée mais il l’avait aussitôt calmée, même si la folie du magique lui faisait bouillir les entrailles. Il se sentait fou, à l’intérieur, c’était une idée tellement absurde. Tout en réfléchissant, il avait parcouru tout le boulevard, avait franchi carrefour, longé les embarcadères, et était enfin arrivé au port. Les quelques bateaux amarrés formant d’immenses ombres noirs, et les bâtiments faiblement éclairés par des lampadaires dont le fonctionnement devenait douteux au rythme de leur clignotements anormaux, donnaient à la scène une ambiance étrange, et pour le moins mystérieuse. Joe devint légèrement inquiet, et marcha dans l’ombre des hangars pour ne pas attirer l’attention des quelques clochards qui traînaient là. Il ne savait si ce comportement était inconsciemment copié sur celui des acteurs de films à suspence, ou bien s’il avait réellement ressenti le besoin de marcher dans l’ombre. Seulement, à force de trop observer ce qui se passait autour de lui, il en oublia de regarder où il mettait les pieds et trébucha violemment sur un des mendiants. Ce dernier poussa à peine un râle dans son sommeil et, Joe, pris de panique, s’enfuit sans un bruit, tout recroquevillé sur lui-même. Il courut peu de temps mais suffisamment pour s’assurer que personne ne l’avait remarqué, et que le vieillard ne lui en voulait pas trop. Ce dont il ne s’était pas douté, c’est que le mendiant qu’il venait de rencontrer était un des plus habiles pickpockets de toute la ville.  A la place de retrouver son portefeuille dans sa poche, à l’endroit où il aurait dû normalement se trouver, il pût constater que le voleur ne lui avait laissé que sa carte de visite. Le ventre de Joe fut cette fois secoué d’un violent séisme quand il remarqua qu’au dos de la carte était inscrit une adresse.

Mernak Cafard,

12 Av Long street

Votre serviteur à toute heure

Cela avait clairement été griffonné au crayon de papier. Dix minutes plus tard, Joe se trouvait devant une petite bâtisse, haute d’un étage et éclairée de l’intérieur. Sur la porte on pouvait lire : « Mernak Cafard, Votre serviteur à toute heure ». Prenant son courage à deux mains, il cogna trois fois contre la porte en bois et au troisième coup, la porte s’ouvrit sur un petit homme, replet, grassouillet, avec pour seule coiffure une touffe de cheveux sur l’arrière du crâne. Continuant son geste, Joe faillit de justesse donner un coup aux bonhomme rondouillard mais ses réflexes évitèrent cette désagréable situation. L’homme rondouillard souriait, semblant ne pas s’être aperçu de l’upercut qu’il venait d’éviter. Il portait une tunique rouge à la mode des valets d’autrefois, et ses petites lunettes lui donnaient un air de savant fou débauché.

«  - Entrez, entrez jeune gens. L’auberge est ouverte, la chère y est bonne, et la chambre à prix menu. Je vous fais préparer un lit sur le champ.

- Euh non attendez, je crois qu’il y a confusion, je ne cherche pas du tout …

Ignorant sa question et continuant sur le même ton de philosophe naïf, Mernak entraînait en même temps notre Joe vers l’escalier qu’on devinait au bout de la pièce.

- Vous apprendrez jeune homme que tout le monde cherche quelque chose, un but dans la vie est indispensable à la réussite. Voyez-vous, j’ai toujours eu la vocation pour devenir maître d’hôtel. Je ne pense pas avoir fait défaut à ma destinée en me retrouvant maître d’auberge. Je suis assez satisfait de…

- Mernaaaaak, arrête d’embêter le petit ! »

Une femme courtaude arriva sur le champs et traîna plus que conduisit un Joe tout désarçonné à l’étage, le fit entrer dans une petite chambre, et claqua la porte violemment la porte derrière lui sur un « bonne nuit » tout aussi sec. Joe se retrouva donc, à minuit, dans une chambre … d’auberge, 12 Av. Long street. Il ne vit qu’une chose à faire, avant même de penser et de se sentir ridicule au point de faire des bêtises, de se dire qu’il était aussi fou si ce n’est plus que son père, de se laisser embarquer dans cette histoire sans broncher. Il ferma son esprit aux réprimandes de son for intérieur, et s’allongea sur le lit miteux tombant instantanément dans un sommeil qui se voulait réconfortant.

********************

 Au matin, il se réveilla, endoloris et comateux, avec cette nette impression d'avoir dormi des mois. Il étira lentement ses muscles douloureux, tentant d'ouvrir ses paupières qui semblaient vouloir se refermer à chaque vaine tentative de complète ouverture. Il se leva avec peine et se rinça le visage à l’eau du robinet de la chambre, glaciale. Il alla un peu mieux après cela, et s’habilla de ses vêtements, bizarrement frais et repassés. Il ne voulut pas commencer à se poser de questions sur cette étrangeté, et se dit qu’il était normal que les habitants des lieux se baladent à leur guise dans leur auberge, surtout si c’était pour repasser des vêtements. Il descendit donc afin de retrouver le fameux Mernak pour quelques explication, lui semblait-il, bien méritées. Quand il déboucha dans la pièce dans laquelle il était arrivé la veille, il ne put réprimer un cri émanant d’une intense surprise. Ecarquillant les yeux, le cœur battant, il resta stupéfait devant la vision qui s’imposait à lui.

 

Posté par Kobiwan à 21:20 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Un dernier présent - Première partie

    Encore un.

    Bon bon ! (autant faire un commentaire ici, vu que t'as pas fait de topic)

    Je viens de lire ce charmant texte ! J'aime beaucoup. J'accroche à fond ! Peut être, pourrais tu (je me répétte je sais) étoffer un peu le côté folie/réalité, un peu plus développer les impressions et les pensées du narrateur. Ca rendrait ton texte encore meilleur, encore plus prenant et touchant. Côté idée, j'aime vraiment beaucoup je me répétte encore :p) mais sincérement, c'est très agréable, c'est fluide :p ... Bon bien sûr ça n'est pas sans rappeller quelques histoires ou films... mais tu te personalises beaucoup plus, on commence à sentir du typiquement Kobien avec seulement un extrait. Et ça, c'est vraiment quelque chose qui prouve que tu donnes de toi dans tes mots.
    Une dernière chose, certains petits trucs m'ont encore plus touchés personellement, cela m'a rappellé des souvenirs... bref, je suis vraiment enthousiaste, et celui là, je vais te torturer s'il le faut, pour que tu le finisse.

    Posté par Nayla, 11 novembre 2005 à 21:57 | | Répondre
  • Merci Nayla. Ca me fait plaisir ce que tu dis là. Et j'ai déjà écrit un bout de la suite ... j'en suis pas trop satisfait, et l'histoire prend un grand tournant, tout change complètement. Enfin tu verras, parce que je pense le montrer quand même une fois amélioré. "le typiquement kobien" ... raaaa ça fait plasiiiir ^^ (au fait c'est un texte que j'aurai pu poster sur la pierre si je l'avais fini à temps ... dommage)

    Posté par Kob, 11 novembre 2005 à 22:30 | | Répondre
  • Huhu.
    C'était pour quelle joute ?

    Et comment ça ça te plait pas ? Aiiiiie confiiiaaaance :p

    Tu peux toujours le poster sur la Pierre hein ^^ Quoique la dérnière joute va bientôt arriver à terme et le peu de lecteurs va plutot s'y concentrer.

    (d'ailleurs je finis le miens moi^^)

    Posté par Nayla, 11 novembre 2005 à 22:45 | | Répondre
  • Ben c'était justement pour ces joutes ^^ En plus, je sais pas si ça le fait de poster la nouvelle maintenant alors que je suis passé juste une ou deux fois. Et puis j'irai lire tout ça

    Posté par Kob, 12 novembre 2005 à 13:32 | | Répondre
  • [ forum lanfeust ]

    J'aime le fond, et j'aime le côté un peu féerique, comme "Pinocchio" avec l'île des enfants -enfin, tout dépend ensuite de l'évolution de ton histoire-
    L'histoire suit très bien son cours mais est trop saccadée. On a l'impression que tu as du mal avec les évènements transitifs entre deux actions, mais aussi dans l'enchaînement même de ton action.



    Une petite remarque de forme :

    --> Je pense que tu voulais marquer l'adresse de l'expéditeur, et pas du destinataire, parce que le lecteur ne comprend pas bien pourquoi l'individu est étonné de voir sur le colis sa propre adresse...


    Quelques remarques de fond :

    --> Trop de répétitions de certains mots, ex : "fou" (4 fois en 4 lignes), essaye de trouver des variantes, ou "objet", en fin de nouvelle

    --> Pas assez d'identification des personnages, ce qui peut amener de la confusion :
    ex : "Il se trouvait là, sur le paillasson « Welcome » de l’entrée de son appartement. Pas plus gros qu’une boîte de conserve, il était abondamment harnaché de ficelle et de bande adhésive, le tout enveloppé dans du papier beige.
    Tout las qu’il était, il hésita d’abord à l’observer ce soir." Tu utilises le mot "il" pour désigner deux objets différents (le colis et l'être humain), mais la séparation n'est pas nette. On peut se demander si ce n'est pas l'homme qui est ficelé sur le seuil de sa porte...

    --> Quelques fautes d'orthographes, entre autres : "oublia de regardait" : oublia de regarder, mais rien de bien méchant

    --> Précisions inutiles : Pas la peine de préciser que ton clochard est un pickpocket, et encore moins que c'est le meilleur de toute la ville, surtout si ça ne sert pas l'histoire (peut-être qu'on le revoit plus tard et que ce détail à son importance). Les superlatifs sont à proscrire également !
    De la même manière, il faudrait faire plus le lien entre ton personnage et son caractère et ses actions acuelles, avec son passé. On a l'impression que la folie du père va jouer un rôle ou va avoir un lien avec le présent alors qu'en fait, non...

    --> Rythme un peu trop saccadé. Essaie de faire des phrases moins courtes, avec plus de liens entre elles ex : "Au matin, il se réveilla, endoloris et comateux. Il avait l’impression d’avoir dormi durant des mois. Ces muscles lui faisaient mal et ses yeux semblaient vouloir se refermer à chaque vaine tentative d’ouverture complète."

    Fais plutôt : "Au matin, il se réveilla, endoloris et comateux, avec cette nette impression d'avoir dormi des mois. Il étira lentement ses muscles douloureux, tentant d'ouvrir ses paupières qui semblaient vouloir se refermer à chaque vaine tentative." Mon exemple est très facilement perfectible, mais ça donne une idée !
    Le petit exercice que je peux te proposer, surtout au début, c'est d'enlever un point sur deux dans tes paragraphes. Ensuite, tu relis et tu vois ce que ça donne.

    --> Les paragraphes ont leur importance aussi. Ton texte est trop compact. N'oublie pas, un paragraphe par idée ! Cela permettra aussi d'améliorer tes transitions et d'éviter les confusions dont je t'ai parlé précédemment.


    Une dernière petite remarque : Sunset bvl est très loin du port de LA ! (environ 20-25 km) -sauf erreur de ma part- fais attention à vérifier la pertinence de tes infos !

    Ne t’inquiète pas, ton texte est très bon globalement, je me permets juste de critiquer quelques aspects pour que tu t’améliores ! (Et puis comme on dit, la critique est facile…) ; Ton texte déborde d’effets de style sympas et de bonnes qualités ! Tu es sur la bonne voie, continue !

    Et bien entendu, il faut que tu écrives la suite ! On veut connaîte la fin !

    Posté par J., 08 décembre 2005 à 15:08 | | Répondre
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